Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Laure Malecot sera a St Louis du 4 janvier au 8 fevrier

Laure Malecot vient exposer en nos murs du 4 janvier au 8 février, venez la rencontrer, elle et sa peinture le samedi 4 janvier a partir de 19h00 a la galerie. Nous vous recevrons avec de délicieux fataya et jus. et sinon il est difficile de vous en parler d’où je suis, donc je vais laisser la parole a Nathalie Philippe qui dit a propos:

"Ne vous fiez pas à la gaieté de ces grands aplats de couleur, à ces rivières d’eaux délavées, à ces yeux trop grands qui vous regardent. Suivez les coulées de sable, les flots transparents et vous finirez par y trouver le sang et l’acier. Le sang, celui des Maliens pris dans l’étau de la guerre, les bouches grandes ouvertes des laissés pour compte du développement, des victimes d’ajustement structurel, les cris des poètes, les yeux grand ouverts qui vous scrutent, vous surveillent jusqu’au malaise : de la poésie d’une œuvre haute en couleurs qui s’élabore depuis près de quinze ans en terre africaine, jaillit toute la violence d’un monde fracturé dont l’artiste Laure Malécot se fait l’ardente messagère.

Les turpitudes et les battements de cœur du monde tel qu’il est et tel qu’il va, c’est depuis l’île de Ngor que l’artiste les transcrit, palette au poing. Il faut dire que la femme est lourdement armée : au pinceau vient s’ajouter une artillerie lourde. Plume, caméra, micro et appareil photo. Autant d’outils, maîtrisés chacun avec brio, autant de chances de prêter sa voix à ceux qui l’ont perdue par qu’on les en a privés ou parce qu’ils n’ont plus la force de dire. On finit par croire qu’elle est née pour ça, qu’elle ne vit que pour cela. Une combattante. Laure Malécot est une artiste autodidacte, la vie ne lui a pas permis de faire autrement. Sa conviction fondamentale est celle de l’ascension des esprits par la culture, planche de salut de l’élévation des âmes, d’où qu’elles viennent. Je l’ai connue à Paris, zone de transit entre deux étapes de vie africaine. Elle y est restée, pour ma plus grande chance, plusieurs années, ce qui m’a permis de la connaître, au détour d’une conférence de presse où nous nous sommes instinctivement, trouvées, puis aimées. Je l’ai fait écrire, chroniquer et elle m’a fait animer à la radio. Résonance africaine, une émission qui parle encore aux auditeurs rebelles des dernières radios libres, et surtout à tous les artistes et les écrivains qui y sont passés. Des plus grandes stars aux talents balbutiants, peu importait tant qu’on y croyait. Une escale parisienne quelque peu désenchantée, quand on sait le peu de cas que l’on fait des artistes en France, si fragiles et pourtant si vite clochardisés. L’histoire l’a montré et se répète encore, dans ce pays où un artiste célèbre est un artiste mort. Quelques allers et retours sur le continent matriciel lui ont permis de tenir bon, et surtout de tenir la caméra. Invitée au Cameroun, au Rwanda ou au Congo pour y faire des reportages, le manque, le mal du continent au retour s’est réveillé de plus belle. Tentative en Côte d’Ivoire mais point de poésie en vue. Retour aux sources l’été dernier. Le Sénégal.

La peinture de Laure a repris exactement là où elle s’était arrêtée. Même flot, même rythme, même cris et mêmes espoirs. Dans un paysage abstrait et propice à la rêverie apparaissent des dents (Manifestants), des visages apeurés se massent dans une foule compacte et rougeoyante (« Remember Abidjan 2000 »), des vagues se heurtent à de hauts bâtiments (« Exode »), des éléments s’empilent comme des boîtes dans un coin de tableau (« Traces d’une vie »).

Cependant cette violence et ce pessimisme insinués et assumés sont surplombés par une appréhension de l’existence liée au rastafarisme dont l’artiste se fait l’écho. On ne sera donc pas étonné de pouvoir contempler des toiles tout en allégorie ou en symbole, qu’il s’agisse de « Maternité », d’un « Horific Spiritu », d’une « Mystic communion » ou bien d’une « Wondering war »… Autant de concepts qui interrogent l’Afrique contemporaine telle qu’elle est, avec ses syncrétismes religieux, ses guerres (« They continue to kill ») et ses espoirs de paix (« Dans l’attente d’un mirage » et « Libertador »).

Vous l’aurez compris, la peinture de Laure, à l’instar de celle qui tient le pinceau, n’est que poésie. Et pour cela, peu importe le matériau, l’essentiel étant ce que l’on en fait. C’est juste une question de lumière intérieure."

vous retrouverez tout sur cette artiste ici

Publicité
Laure Malecot sera a St Louis du 4 janvier au 8 fevrier
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :